Ebola en 2012, R.D. du Congo, Province orientale, Haut Uélé   (2 funéraille sécurisée à Bédé d'une accouchée décédée à l'hôpital)   
Année :2012
Durée :11:46
Thème :Anthropologie médicale
Production :CNRS-MNHN Paris et OMS
Auteur/Réalisateur :Alain Epelboin
Vidéothèque :Santé, maladie, malheur (SMM) UMR 7206 CNRS - USM 104 MNHN Paris
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Résumé :
Acteurs : les participants à l’enterrement, famille, voisins, des personnels de MSF Espagne, des membres du Comité international de lutte contre la fièvre hémorragique Ebola (CILE).
Caméra/réalisation : Alain Epelboin CNRS-MNHN Paris et OMS
Montage : Alain Epelboin & Mireille Gruska
Musique : Stop Ebola (lingala, yogo, zandé, français...), Orchestre St Dominique Isiro
Maquette du 26 octobre 2012, version sous-titrée en français

Résumé :
Dimanche 16 septembre 2012.
Le corps de Mamy, décédée d’Ebola trois jours après son accouchement dans une salle d’isolement de l’hôpital sécurisé d’Isiro, a été enfermé dans un sac mortuaire après avoir été présenté à la famille.
Le sac désinfecté a été déposé dans un cercueil fermé, à son tour désinfecté
Le cercueil peut alors être manipulé avec de simples gants plastiques.
Le convoi funéraire de quatre véhicules quitte l'hôpital général d'Isiro pour gagner Bédé, le village d'origine de la défunte à une vingtaine de kilomètres où l’enterrement a lieu.
Quelques jours plus tard, le nouveau né de Mamy, contaminé par le virus, décèdera à son tour. Il sera enterré dans une tombe à côté de sa mère.
Chacune des tombes sera recouverte provisoirement d'une palme de palmier à huile. Puis elles seront régulièrement entretenues par les femmes, avec une balayette consacrée à cet usage, laissée sur la tombe.

Le film a été réalisé en collaboration avec la famille de la défunte, l'équipe de MSF Espagne, les accompagnants, membres des différentes commissions du Comité international de lutte contre Ebola à Isiro, en particulier les psychologues Olea Balayulu de Kinshasa et Debora Noal de MSF Espagne.
La musique originale Stop Ebola (lingala, yogo, zandé, français...) est l'oeuvre de l'Orchestre St Dominique d'Isiro reprenant les recommandations en vigueur au moment de sa réalisation début septembre 2012

Description :
Départ du convoi mortuaire de l’hôpital en direction de Bédé, avec halte en cours de route pour accrocher en signe de deuil, des rameaux de feuillages verts à l’avant du véhicule transportant le cercueil.
Au fur et à mesure de l’approche du village de la défunte, les pleurs des parents installés dans le véhicule qui suit le cercueil montent en intensité, relayés par les lamentations des parents et amis croisés sur la route.
2 mn 39. À l’arrivée, le veuf descend du véhicule en pleurant, soutenu par ses parents et va s’installer avec les siens dans la maison collective sans murs, lieu de réunion couvert au milieu de la cour de la résidence, perpendiculaire à la route.
La foule grossit rapidement dans un concert de pleurs et de lamentations : une dispute éclate dont l’oncle maternel de la défunte est l’objet.
4 mn 26. Le creusement de la tombe de deux mètres de profondeur n’est pas achevé.
4 mn 45. Arrivée d’un prêtre catholique, celui là même qui sortait de l’église après la messe à quelques centaines de mètres lors du passage du convoi funéraire. Dans un silence total, marqué par le bruit des pics qui cassent les pierres du fond de la tombe, il tient un discours (non sous-titré) où il dit à la population qu’elle doit être attentive à ce que le personnel de santé lui dit et qu'elle lui fasse confiance. Et que c'est à cette condition seulement qu'elle va éviter cette maladie mortelle, avant même d'implorer Dieu pour qu'il l’aide à mettre fin à cette épidémie. Il termine par une prière et un amen repris par la foule recueillie. Il s’en va avant que le cercueil ne soit descendu du véhicule.
6 mn 09. Les fossoyeurs, tous des jeunes hommes, sortent de la tombe à l’aide d’une perche en bambou, puis disposent des rondins pour supporter le cercueil avant sa descente ainsi que deux cordes en matière synthétique bleue. Ils enfilent les gants de plastiques épais fournis par les hygiénistes de MSF.
6 mn 37. Quatre hommes gantés descendent le cercueil du véhicule. Ils le disposent au dessus de la fosse, les pieds vers la route. Huit hommes sont nécessaires pour tenir les cordes durant la descende du cercueil, celles ci étant glissantes et trop courtes. Les pleurs vont crescendo, notamment les enfants de la défunte assis sur le côté extérieur de la maison de réunion. Les hommes font cercle autour de la tombe et les femmes à la périphérie.
Les cordes, comme le veut la coutume sont abandonnées dans la tombe.
8 mn 38. La terre est versée d’abord doucement sur le milieu du corps, les pieds, puis la tête. Le cercueil est recouvert rapidement de terre, puis des jeunes gens descendent pour la tasser et la répartir. Les pierres extraites du fond de la fosse sont disposées sur le dessus de la fosse comblée, puis recouvertes de terre tassée.
10 mn 42. Les fossoyeurs rendent les gants aux hygiènistes qui leur proposent une ablution des mains et des pieds à l’eau chlorée, malheureusement en quantité insuffisante pour être proposée aux autres assistants.
10 mn 52. Puis, dans la maison de réunion ou les endeuillés sont réunis, chacun son tour, les membres de l'équipe expriment leurs condoléances et en profitent pour répéter les consignes sanitaires. Divers dons sont remis, en particulier du café et du sucre, en prévision de la cérémonie de la nuit avec danse et musique.
Remarques :
Mots clés : Ebola Bundibugyo, pleurs, mort, enterrement sécurisé, rite funéraire, épidémiologie, anthropologie médicale, éducation sanitaire, Bédé, Isiro, Haut Uélé, Province orientale, RD Congo
Pour en savoir plus, consultez : http://www.who.int/fr/